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Les étapes de l’accompagnement changement

Pour être compétitives sur les marchés, conquérir de nouvelles cibles et faire plus de bénéfices, les entreprises sont appelées à faire face à certains changements, à certains niveaux.

Marc Prager4 min de lectureAccompagnement du changement
Les étapes de l’accompagnement changement

Pour être compétitives sur les marchés, conquérir de nouvelles cibles et faire plus de bénéfices, les entreprises sont appelées à faire face à certains changements, à certains niveaux. Il s’agit de changements délicats qui doivent être bien menés pour atteindre les objectifs fixés. Plusieurs étapes sont à suivre. Il faut commencer par créer un sentiment d’urgence au sein de l’équipe. L’étape suivante est la mise en place d’une coalition. Une nouvelle vision sera définie et communiquée au personnel. Il faut, par la suite, motiver l’équipe et démontrer les potentiels résultats à court et long termes. La troisième étape est de rebondir sur les premiers résultats obtenus. La dernière étape est de faire respecter, par tous, les nouvelles directives.

Les étapes de l’accompagnement changement

Créer un sentiment d'urgence sans provoquer la panique

La première étape — créer un sentiment d'urgence — est aussi la plus délicate à doser. L'objectif est de faire comprendre que le statu quo n'est plus tenable, sans pour autant provoquer une panique qui paralyserait les équipes au lieu de les mobiliser. Un discours trop alarmiste produit souvent l'effet inverse de celui recherché.

Constituer une coalition qui dépasse le seul comité de direction

La coalition mentionnée dans les grandes méthodes de conduite du changement ne doit pas se limiter aux dirigeants. Elle gagne à inclure des figures respectées à différents niveaux de l'organisation, capables de relayer le message avec une responsabilité managériale assumée auprès de leurs propres équipes.

Communiquer la vision, puis la répéter

Une vision définie et communiquée une seule fois ne suffit jamais. Elle doit être reformulée régulièrement, sous des formats différents, pour qu'elle s'ancre progressivement dans les esprits — un principe régulièrement souligné dans les travaux sur la communication en période de changement.

Consolider les premiers résultats avant de relâcher l'effort

Rebondir sur les premiers résultats obtenus ne signifie pas se satisfaire d'un succès initial. C'est au contraire le moment où il faut redoubler d'attention : les premières victoires servent de preuve de faisabilité pour convaincre les plus sceptiques, mais elles ne garantissent pas encore que le changement est ancré durablement dans les pratiques de l'organisation.

Ancrer durablement les nouvelles pratiques

La dernière étape, faire respecter les nouvelles directives par tous, ne se résume pas à un contrôle formel. Elle suppose d'intégrer le changement dans les outils, les processus et les critères d'évaluation de l'entreprise, de façon à ce que revenir aux anciennes pratiques devienne concrètement plus difficile que d'adopter les nouvelles.

C'est souvent cette dernière étape, la moins spectaculaire, qui distingue un changement réellement abouti d'un effet d'annonce qui s'estompe progressivement une fois l'attention de la direction reportée sur un autre sujet.

Adapter le rythme de ces étapes à la culture de l'entreprise

Ce déroulé en étapes ne signifie pas qu'il faille appliquer partout le même calendrier. Une entreprise habituée à des transformations fréquentes peut avancer plus vite d'une étape à l'autre qu'une organisation plus traditionnelle, où chaque étape demande davantage de temps pour être réellement intégrée par l'ensemble des collaborateurs.

Vouloir imposer un rythme standard, calqué sur une méthode générique, sans tenir compte de cette réalité culturelle propre à chaque entreprise, est une source fréquente d'essoufflement des projets de changement les plus ambitieux.

Le rôle du feedback continu entre chaque étape

Entre chaque grande étape, recueillir un retour structuré des collaborateurs — via des entretiens courts, un sondage anonyme ou simplement des échanges informels organisés par les managers — permet d'ajuster la suite du déroulé plutôt que de suivre aveuglément un plan défini plusieurs mois à l'avance et devenu partiellement obsolète.

Ce que révèlent les échecs les plus fréquents

Les projets de changement qui échouent partagent souvent un point commun : une étape sautée ou expédiée trop vite sous la pression du calendrier. Passer directement de l'annonce de la vision à la mise en œuvre, sans avoir réellement constitué de coalition ni recueilli les premiers résultats à mettre en avant, prive le projet des appuis nécessaires pour surmonter les difficultés qui surviennent presque toujours en cours de route.

Revenir en arrière une fois le projet engagé coûte généralement plus cher, en temps comme en crédibilité, que de respecter la séquence des étapes dès le départ, même si cela demande une patience que la pression des résultats à court terme rend parfois difficile à tenir.

Impliquer les équipes dans la définition même des étapes

Au-delà de suivre passivement un déroulé défini par la direction, certaines organisations associent leurs équipes à la définition des jalons intermédiaires eux-mêmes. Cette co-construction, plus exigeante à organiser, renforce généralement l'adhésion : un jalon que l'on a contribué à fixer devient un objectif partagé, plutôt qu'une contrainte imposée de l'extérieur à laquelle il faudrait simplement se plier.

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Marc PragerConsultant et coach de dirigeants